Tribune pour la Journée internationale des Droits des Femmes

Adelphi Cité

Le 8 mars : lutter pour les droits des femmes, c’est lutter pour une société plus juste

Chaque année, le 8 mars nous rappelle que l’égalité entre les femmes et les hommes est loin d’être acquise. Ce n’est ni une journée de célébration, ni une fête : c’est un appel à poursuivre le combat. Ce combat est quotidien et se joue sur tous les fronts : dans les foyers, dans la rue, dans les entreprises, dans les institutions, et particulièrement dans nos quartiers populaires, où les inégalités frappent avec encore plus de violence.

À Adelphi Cité, nous travaillons aux côtés des habitantes de nos quartiers, souvent premières victimes de la précarité, de la violence et de l’abandon institutionnel. Dans ces territoires, les femmes cumulent les difficultés : charge mentale exacerbée, emplois précaires, logements insalubres, menaces du narcotrafic, et souvent une double peine pour celles qui élèvent seules leurs enfants. Elles sont pourtant en première ligne des solidarités, piliers invisibles qui tiennent debout nos communautés malgré l’indifférence des pouvoirs publics.

Femmes et quartiers populaires : une double lutte contre l’injustice

Les femmes de nos quartiers ne se battent pas seulement pour leurs droits en tant que femmes, mais aussi contre le mépris de classe et les discriminations systémiques. Trop souvent, elles sont reléguées à des emplois sous-payés et invisibles, cantonnées à des métiers du soin ou du nettoyage, pourtant essentiels au fonctionnement de notre société. Elles font tourner les écoles, les hôpitaux, les maisons, mais leurs voix restent marginalisées dans le débat public.

Les violences sexistes et sexuelles sont aussi une réalité omniprésente. Elles ne s’arrêtent pas aux portes des cités, et les politiques publiques restent largement insuffisantes pour protéger celles qui en sont victimes. Pourtant, l’accès aux droits, aux structures d’accueil et à la justice est souvent un parcours du combattant, doublé d’une peur bien réelle des représailles ou du jugement social.

Des solutions pour une égalité réelle : des moyens, pas des discours

L’égalité ne se décrète pas, elle se construit avec des moyens concrets. Nous exigeons des politiques ambitieuses en faveur des femmes des quartiers populaires, qui passent par :

Un véritable plan de lutte contre les violences avec des structures d’accueil accessibles et des moyens renforcés pour la justice et la police afin d’assurer la protection des victimes.

Un accès garanti à un emploi digne et à un salaire égal, car sans indépendance économique, il ne peut y avoir d’émancipation.

Un soutien accru aux mères isolées, souvent en première ligne de la précarité.

Des investissements massifs dans les écoles et les structures d’éducation populaire, car l’égalité commence dès l’enfance.

Un droit effectif au logement, avec des logements décents pour sortir du cercle infernal de la précarité.

Nos quartiers ne seront pas la dernière roue du carrosse du féminisme

Nous refusons que le féminisme soit un privilège de classe, un combat réservé à celles qui ont déjà les moyens de se faire entendre. L’émancipation doit être un droit pour toutes. Lutter pour les droits des femmes dans nos quartiers, c’est lutter pour une société plus juste, plus humaine, plus solidaire.

Ce 8 mars 2025, nous n’attendrons pas des promesses : nous prendrons la parole, nous nous organiserons, et nous continuerons à bâtir, à notre échelle, un avenir plus digne pour toutes.

Adelphi Cité – Pour la justice sociale et l’égalité réelle